From Kilimanjaro with love...
Le blog se réveille, pas pour commencer le 2ième tome de "Tintin au...", mais parce que ce moyen s'est retrouvé le plus simple pour faire partager qql photos vu que je ne rentre pas souvent dans mon Alsace natale....Alors en qql mots et images...
Départ le 23 décembre, changement d'avion à Dubaï et arrivée à Naïrobi au Kenya. Nuit à l'hotel, fête de Noël autour de la piscine et d'une bouteille de champagne offerte par Terre d'Av...

Puis 7h de mini bus (à l'Africaine) sur les belles routes du Kenya pour arriver à Arusha en Tanzanie. Nuit dans un joli lodge et départ le 26 pour le Kili.

P

Pluie sans discontinuer pendant les 3 premiers jours, avant d'atteindre la neige. Le trek théoriquement facile se corse un peu avec la météto peu clémente. C'est la fin de la petite saison des pluies (mais petit c'est pas mal en Afrique...!). Brouillard, froid, gestion des chaussettes et des chaussures trempées, mais organisation sympa et guide francophone Tanzanien qui met de l'ambiance. On marche tous les 6 (tous de TPE) plus les 2 guides; les porteurs, dont les conditions nous ont marqué (mal habillés, chargés...), sont généralement avant nous pour installer le camp quand on arrive. D'ici ça fait très club med mais au final ça l'était pas tant que ça !

Le troisième jour on attaque les pentes enneigées du Kili (qui a dit qu'il n'y a avait plus de neige !!) mais tout en pleuvant, le soleil tape et la crême solaire mise un peu tard fait qu'on
aura tous le lendemain des cloques sur le visage, brûlures au 2ieme degré. On rigolera moins quand dans la nuit le guide nous appelle: 1h du matin, je me lève avec Bertrand, les porteurs appellent dans leurs tentes, en ouvrant on se rend compte qu'ils ont tous été brulés aux yeux par le soleil réfléchi sur la neige, y compris les guides qui n'avaient pas de lunettes de soleil...
On soigne un par un les porteurs avec nos médoc (efferalgan et collyre) qui ne peuvent ouvrir les yeux.

Le lendemain, crise au campement 3, on ne sait pas si on continuera, la moitié des porteurs ne voient toujours pas. ON refait un tour de collyre et au final on portera nous même toutes nos affaires pour les 2 jours et l'ascension finale. Le guide francophone (Richard et ses "polé polé" = doucement, doucement en swahili, le mot d'ordre pour réussir l'ascension) n'en peut plus, il est au bord de tomber dans le seul passage un peu technique du trek. On campe à 4600, avec pour tous un bon mal de crâne, comme la veille d'ailleurs.
Réveil 23h30, départ 00h30. Ca y est, c'est la dernière montée.
On attaque la pente qui nous (me) semble interminable. La nuit est froide et obscure. Ambiance alpinisme avec la neige et les frontales des 2 autres teams qui brillent dans la nuit au loin.
Nuit qui deviendra très pénible pour moi d'abord puis pour bcp d'autres après...mal de crâne, mal au ventre, difficulté pour faire un pas et tenir debout. Mon altimètre m'indique 5000m. On se motive pour monter 50m, puis 100m supplémentaires...pause..on remarche; impossible de se fixer des objectifs dans cette nuit noire. Je suis le plus mal du groupe, au bord d'arrêter.
En dernier secours on passe au dopage c'est bien connu. Je teste donc le fameux médoc contre le mal des montagnes (placébo selon moi...). On continue...le guide m'indique l'altitude...j'avais 200m de moins sur mon altimètre que je n'avais pas étalonné au départ...les autres m'engueulent évidemment, c'était moi qui donnait l'altitude depuis le début !

Le soleil se lève, on a enfin une vue dégagée, on aperçoit le cône du cratère.
Arrivée à 5700 au cratère à 7h du matin, épquisés...mais c'est pas fini ! pour atteindre le sommet "Uhuru Peak", point culminant du continent africain, on se trainera à une vitesse infiniment lente sur qql centaines de mètres à peine mais qui nous ont anéanties.
Enfin...

le voilà, le sommet, photo à la touriste et on redescent car trop dangereux de s'attarder à cette altitude.
Descente jusqu'à 3000 qui a fait (très) mal, le mal d'altitude ne part pas si vite.
Le lendemain on termine la descente et on rentre à Arusha en 4x4, après l'épisode des pourboires qui nous laissera un goût amèr (l'argent et les vêtements que nous donnons ne semblent pas vraiment faire l'unanimité...s'attendaient-ils à plus? à mieux? on ne le saura pas mais on aurait aimé que cela se termine mieux) : petit aperçu de l'Afrique du "backshish".
Comme souvent en montagne ce n'était pas le sommet qui nous aura marqué mais toute l'ascension, la rencontre avec les porteurs dont les conditions étaient désastreuses, l'effort, la solidarité aussi...
Deuxième voyage, complétement différent, les safaris. Je vous passe les détails : animaux partout, paysages magnifiques, moment dans le 4*4 mémorable quand on s'embourba dans la savane avec les lions à qql centaines de mètres.

Les moments entre safaris et Kili nous permettent de rencontrer l'Afrique qui tente de survivre. On aura été marqué aussi par les rencontres dans les quartiers pauvres...mais jamais facile de faire oublier qu'on est des riches touristes ici; toutes les relations sont faussées et biaisées.
On aura quand même été invité par un vieux monsieur qui prenait une bière avec nous dans un bar à rencontrer toute sa famille dans sa maison, autour du sapin de Noël ! Il parlait à peine anglais, c'était surtout avec les mains. Mais ça nous a réconcilié avec les gens du coin, qui touché par le tourisme de masse, sympathisent souvent en échange d'argent...

Puis quatrième voyage, encore un différent, encore une fois choc des cultures et de civilisation assuré : l'arrêt à Dubaï pour 36heures. Ville incroyable qui sort du désert, où tout est richesse, luxe, démesure...à chaque folie son projet architectural. Un immeuble de 30 étages met 2 ans à sortir de terre (sable). Quand on va faire ses courses on peut skier aussi...c'est un principe intéressant...

On a fait les souks de l'or et des épices, des médinah, visité des quartiers anciens tout neuf (c'est un autre principe aussi !).
Retour à Paris puis à Lyon...
Voyage formidable donc, on en gardera tous un super souvenir. Même si le kilimandjaro - la chasse au sommet - avait été à l'origine (criticable, on est d'accord), on a été marqué par des gens, des lieux, des rencontres qu'on oubliera pas....
Bonne année à tous et à bientôt
Etienne
